Moi: « J’ai très envie un jour de marcher sur le chemin de Compostelle… »

Harold (mon frère): « Mais pourquoi tu irais sur cette autoroute des piétons alors que tu as ces montagnes magnifiques près de chez toi ? »

Mais c’est vrai ça, pourquoi ?

Il faut dire que plus jeune (c’est-à-dire célibataire et sans enfant…) je voyageais beaucoup. Je suis par exemple partie seule en Inde, avec pour unique réservation mon aller-retour en avion et une nuit au YMCA (auberge de jeunesse).

Quelques années et 3 enfants plus tard, la solitude est devenue un luxe ! Mais la décision est prise et avec le soutien de mon mari et de mes garçons, je suis partie randonner 2 jours en Haute-Maurienne en totale autonomie. C’est donc ce chemin de vie initiatique que je m’en vais te compter…

« Tu n’as pas peur ? »

Alors évidemment, avant mon départ, j’ai entendu beaucoup de « mais c’est dangereux » ou « tu n’as pas peur? ». Mais bien évidemment que j’ai peur !!!

Je n’ai aucun sens de l’orientation (et vous saurez bientôt à quel sens j’ai fait appel pour retrouver mon chemin…), je ne sais pas allumer un feu, mon seul sport c’est le yoga et je n’y connais rien aux plantes comestibles… « Into the wild » je l’ai vu à la télé et les outils multi-fonction de survie, je les vendais avant, mais sans avoir jamais eu à les utiliser en vrai.

S’il y a la peur, mais aussi l’envie instinctive… vas-y !

La 1ère leçon que j’ai apprise sur mon chemin, c’est que s’il y a la peur mais qu’il y a aussi l’envie instinctive, très forte, d’y aller. Si tes yeux pétillent et que ton coeur s’ouvre rien qu’à l’idée d’y aller…

Alors VAS-Y !!!

Dès le début, envahie par le stress et le doute, j’ai eu beaucoup de mal à repérer le départ du sentier de randonnée. J’ai accueilli et déposé toutes mes peurs en les nommant à voix haute et j’ai commencé à marcher.

L’idée m’est venue de me débarrasser physiquement de ma peur de ne pas être sur le bon chemin. J’ai ramassé une pomme de pin par terre, je l’ai gardée dans ma main tout en avançant, puis je l’ai dépiautée pour jeter chaque petit morceau dans la rivière en prononçant à voix haute « je me libère de ma peur de ne pas être sur le bon chemin ».

C’est quelques mètres plus loin que j’ai enfin repéré le panneau indiquant le départ du sentier vers le col de la Perche (à 1.984m): mon premier objectif de la journée !

« Tous les chemins mènent à Rome. »

La peur du manque

Quand on part seule en montagne pour plusieurs jours en autonomie, le poids du sac-à-dos est une donnée cruciale. J’ai donc dû me rationner sur l’eau et la nourriture et je suis partie avec la peur de manquer bien présente à l’esprit.

C’est très significatif de ma vie de femme et d’entrepreneure: la peur de manquer d’amour ou d’argent ou les deux !!! Alors que finalement je vis dans une société d’abondance et ma vie familiale est stable et heureuse.

L’univers m’a fait un cadeau formidable, lorsque juste après ma première pause pic-nic, je suis tombée sur un champ de myrtilles et de mûres. Même sans rien y connaître en plantes sauvages, je sais reconnaître ces fruits et j’ai pu me régaler tout en me libérant physiquement de cette peur du manque (tu sais la pomme-de-pin dont je t’ai déjà parlée : je ramasse une pomme-de-pin, je la charge de mes peurs en marchant, puis je jette les petits morceaux en conscience dans la rivière).

La montagne a ceci de magique que le paysage change quand on prend de l’altitude. Et la transition est brutale. En quelques mètres à peine, j’ai quitté les doux sentiers ombragés, verts et mousseux au bord de l’eau pour marcher péniblement dans les rochers, en plein soleil.

Et ce qui devait arriver… arriva. Passé un dernier rocher avec une belle marque rouge (la trace balisée à suivre), je me suis perdue. Plus aucune trace de peinture visible. Les éboulis à perte de vue. Plus de chemin. Chaque pas devient dangereux car les pierres ne sont pas toutes stabilisées. Je commence à me demander si je n’ai pas raté une bifurcation et surtout si je vais être capable d’arriver en haut.

La pleine présence pour mieux écouter ton intuition

C’est le moment de pratiquer une petite pause de pleine présence. J’inspire, j’expire, plusieurs fois, profondément et j’ouvre mes sens à la chaleur, à la brise du vent, aux cris des oiseaux, aux odeurs de cette végétation au ras du sol…

Je remarque alors un grand sapin qui semble m’appeler depuis l’autre rive de cet éboulis. Le rejoindre m’oblige à traverser les rochers et à marcher sans voir où je pose les pieds. Des broussailles et des plants de myrtilles envahissent le passage et j’y plonge jusqu’aux cuisses. Je t’avoue que je suis loin d’être rassurée ! Mais je garde mon arbre repère bien en vue.

Arrivée de l’autre côté, c’est la délivrance. Je retrouve le chemin balisé. Comme je suis heureuse d’avoir écouté mon intuition. Ce sapin m’a-t-il réellement appelée ? J’aime croire que oui…

Tu as toujours le choix

Après m’être perdue dans les rochers, je savoure une pause bien méritée pour me remettre de mes émotions, accueillir la peur puis la laisser partir pour retrouver le plaisir simple d’être ici. Car après tout c’est bien moi qui ai choisi de m’offrir ces 2 jours de randonnée initiatique.

On croit souvent qu’on n’a pas le choix. Combien de fois ai-je entendu cette petite phrase, cette croyance limitante « je n’ai pas le choix ». Alors même s’il peut y avoir une part de contrainte dans nos vies, nous avons toujours le choix.

Le choix d’accueillir nos frustrations, le choix d’affronter certaines contraintes pour un but ultime plus grand, le choix de dire oui ou de dire non, le choix de regarder la vie avec optimisme, le choix de transformer une difficulté, le choix de s’offrir des parenthèses d’aventure…

En tout cas moi, assise sur mon chemin au pied de mon arbre sauveur, je n’ai pas le choix, il faut me remettre en route. Mais je sais pourquoi j’affronte ces difficultés et ça change tout !

Lever le nez du guidon

Plusieurs années de suite, nous sommes partis avec les enfants faire du cyclotourisme, randonner à vélo en autonomie. Même si aujourd’hui je n’ai pas de vélo, j’ai vraiment le nez dans le guidon.

Ça grimpe, la pente est très abrupte et je marche le nez dans les genoux ou presque. Relever la tête régulièrement devient vital. Cela me permet de regarder droit devant pour vérifier mon cap, de regarder derrière pour mesurer le chemin parcouru et de souffler quelques instants (tu connais ma passion pour les petites pauses…).

Souvent la plus grande des sagesses se cache dans les dictons populaires. Toi aussi, penses-y, lève la tête du guidon, respire un instant et savoure ce que tu as déjà accompli.

Enfin, le col est en vue, plus que quelques petits pas et je peux me lâcher, youhou je l’ai fait !!! Je suis au col de la Perche (à 1.984m). La sensation de fierté, de réussite est savoureuse. Oui j’en suis capable.

Quand tu vis dans ton corps la sensation « oui j’en suis capable » alors tout devient possible.

 

(article en cours – suite au prochain épisode – reviens me lire ici…)

 

Pour aller plus loin et franchir les 2 dernières des 4 étapes pour changer de vie:

  1. Prise de conscience. Vous avez un problème, « y’en a marre », vous voulez changer de vie.
  2. Apprentissage. Vous cherchez des infos sur le web, dans les livres, vous consultez vos proches.
  3. Action. Participez à des ateliers et appliquez les conseils. Entraînez-vous au quotidien.
  4. Transformation. Vous êtes autonome. Vos apprentissages sont intégrés. Votre vie a changé.

Participez à ma prochaine conférence sur internet:

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Céline Simonnet Lafont – Guide du bonheur au travail

Méditer en montagneCéline est mariée et maman de 3 garçons. Directrice Marketing Internationale pendant 20 ans, elle avait tout pour être heureuse. Mais elle sentait le bonheur lui filer entre les doigts.

En 2014, Céline appuie sur pause pour vivre sa quête de sens pendant 3 ans. Elle devient Praticienne diplômée de Psychologie Positive et Instructrice en formation de Méditation Pleine Présence.

Depuis 2016, Céline fait sa part, tel le colibri, en aidant les cadres, managers et entrepreneur.e.s stressé.e.s à concilier responsabilités et sérénité. Elle intervient en entreprises et auprès des particuliers.

Dans le Grésivaudan, de Grenoble à Chambéry, et dans toute la francophonie avec ses formations et conférences en ligne.

Chemin de vie (ce que j’ai appris de ma randonnée seule en montagne)
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